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Près de la tombe de Marie-Eugénie de Jésus
Pèlerinage virtuel sur la pas de Marie-Eugénie de Jésus, depuis Auteuil, en passant par Notre-Dame, St Eustache, St Sulpice, la Rue Férou... Sans oublier la grâce à demander au Seigneur à chaque étape !
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Près de sa tombe, aujourd’hui, il est bon de relire cette page de jeunesse, avec les aspirations qu’elle porte, sa confidence de prière, son désir de “faire quelque chose de bien”, son appel au “Dieu de toute consolation”. |
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“Mes pensées sont une mer agitée qui me fatigue et me pèse. Tant d’instabilité, jamais de repos, une ardeur fiévreuse qui toujours dépasse les bornes du possible. Tantôt, absorbée par des questions bien au-dessus de ma portée, et auxquelles je ferais mieux de ne pas penser, aux plus hautes questions du monde. Je voudrais tout savoir, tout analyser, et me lançant dans des régions effrayantes, je vais hardiment, interrogeant toutes choses, poursuivie de je ne sais quel besoin inquiet de connaissance et de vérité que rien ne peut rassasier. Et puis cet esprit hautain, le plus futile objet va l’absorber, quelques feuilles vertes, un rayon de soleil, que dis-je, une vanité, un éloge, un regard. J’ai voulu monter comme l’aigle, et je suis bien vite tombée dans ma misère. Et puis tous les rêves du cœur, des besoins d’affection que rien ne satisfait, des unions d’âmes impossibles ici-bas, quelqu’un qui puisse et qui veuille entrer avec vous dans ce monde caché, comme si cela se trouvait. Alors viennent des angoisses, des dégoûts, des ennuis de la vie, de sombres tristesses que rien ne peut dire, qui semblent se réjouir en elles-mêmes, se complaire dans un silence amer à se cacher sous une enveloppe indifférente, parce que je sais, me dis-je alors, qu’il n’y a personne qui ait une minute à perdre pour essayer de raviver mon cœur. Et voulant revenir à la vie réelle, j’essaie de me laisser aller à ce fatalisme joyeux qui fait prendre le temps comme il vient, ne songer qu’à rire et faire rire en oubliant le passé et narguant l’avenir. Quelquefois je me grise de cette douloureuse ivresse, je ris de tout et même de moi ; mais l’heure passée, je rapporte un cœur pesant, des larmes de douleur. Fatiguée de moi-même, je voudrais anéantir cette intelligence, la faire taire, l’arrêter... mais il n’y a que Dieu qui ait dit en maître aux flots de la mer : Vous n’irez pas plus loin. |
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Je suis seule, seule au monde, dans un amer isolement d’âme. Et qu’importent ces hommes qui passent auprès de moi, ces rires joyeux auxquels je me mêle et que je fais naître quand je veux par ma folle gaieté, ces amis qui m’aiment et ne me connaissent pas, qui me serrent la main sans s’inquiéter pourquoi mon cœur bat, ces grands enfants auxquels je sers de jouet, utilité honteuse, la seule qui me soit départie. Ils m’aiment pourtant, je leur dois beaucoup, je n’ai rien à leur reprocher ; mon cœur est bien ingrat, mais quand je suis avec eux, je me sens plus seule que jamais. L’oiseau, du moins, quand il souffre, ses frères le raniment par des chants, mais autour de moi, pas d’harmonie. Quelle est la jeune fille qui n’ait un sein où appuyer sa tête quand elle pleure ? Si je mourais demain, je serais oubliée après-demain, personne ne viendrait prier sur ma tombe. Pourtant je prie pour les autres, mais ils n’en savent rien, ou bien qu’est-ce que cela leur fait ? Oh ! je devrais, pensant combien mon cercueil aurait vite passé de leurs regards et de leurs pensées, apprendre à les quitter avant la dernière heure, et remplir aussi mon devoir d’activité. Prier, ce n’est pas tout, il faut prier en action, et si je faisais quelque chose de bon, Dieu s’abaisserait vers moi, le Dieu de toute consolation qui a promis de relever et de soutenir les cœurs fatigués”. |
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